« Quant à l’ouverture, Frédéric Mitterrand la caractérise magnifiquement. J’avais trouvé son livre la Mauvaise Vie courageux et talentueux ; il a fait un étonnant travail à la Villa Medicis, il a de l’enthousiasme. » (Nicolas Sarkozy dans un interview au « Nouvel Observateur » le 07/10/2009)
Après la mise en lumière des pratiques perverses du Ministre de la Culture, qui reconnaît lui-même, dans son livre, les commettre de façon irrépressible, l’ancienne porte-parole de l’UMP, Chantal Brunel, a déclaré « Tout le monde connaissait ce livre quand il a été nommé au Gouvernement, les responsables politiques qui l’ont nommé le savaient ».
Sans doute cette dirigeante de l’UMP croyait-elle relativiser les faits. Bien au contraire, cette révélation est Capitale, elle est de nature à éclairer tous les Français sur les convictions profondes du Chef de l’Etat en matières de sécurité, de moralité et de fiabilité. Critères par trop passés de mode aux yeux de l’Elyséen puisqu’il a préféré, en choisissant en toute connaissance de cause Frédéric MIitterrand comme Ministre de la Culture, réaliser un coup médiatique profitable à son influence au détriment d’une conception régalienne de l’éthique et de sa charge de Président des Français. C’est inimaginable de cynisme, écœurant de pratiques. Car si MIitterrand est prisonnier de ses pulsions, Sarkozy, lui, est libre de ses calculs. Le vrai pervers, dangereux pour la Société, reste à désigner. Sans faiblesse.
Au temps de la 2e, de la 3e ou de la 4e République, un Président du Conseil aurait été chassé du Pouvoir et son Ministre jeté en prison. Même du temps de De Gaulle, le choix d’un tel Ministre aurait abouti à la démission du Chef du Gouvernement et à son bannissement politique. Mais, nous dira t-on, les temps ont changé…Pas sûr. Et quand bien même cela serait que les faits resteraient inexcusables.
Il est pourtant un endroit, en ce 3e millénaire, où une telle situation, un tel scandale provoqueraient un séisme politique et des excuses publiques du Président, si ce n’est même sa démission en tenant compte des circonstances aggravantes que constituent les précisions de Dame Brunel. Et ce Pays est celui dont s’inspire le plus Nicolas Sarkozy au point d’en faire un modèle de Société qu’il exhibe sans relâche au nez des pauvres franchouillards que nous sommes. Aux Etats-Unis, sa carrière politique n’aurait pas survécu à la nomination de Frédéric Mitterrand. Mais celui-ci n’aurait sans doute même jamais été nommé tant ses écrits auraient été passés au crible auparavant par la presse et les Commissions parlementaires…
Ce serait là d’ailleurs une raison de plus de singer les américains que d’obliger les impétrants de divers Ministères à passer quelques auditions préalables…Mais une telle idée ne peut plus être rétroactive et le scandale est bien là. Et l’Elysée en est aspergé copieusement !
Christian Pérez
07/10/2009
Correspondance Polémia
08/10/2009
Image : Frédéric Mitterrand, Nicolas Sarkozy
Sur le perron de l’Elysée
Pour le suivi de l’affaire, voir :
http://www.fdesouche.com
(ne pas manquer la video Daily Motion avril 2007: interview de Nicolas Sarkozy qui s'exprime sur la pédophilie)