« Gazprom, l'arme de la Russie »
Par Valery Paniouchkine et Mikhaïl Zygar

Le livre de Valery Paniouchkine et Mikhaïl Zygar, deux journalistes russes d’investigation, est sans doute l’un des rares livres de langue française essayant de retracer et de comprendre les liens politiques, historiques et économiques entre Gazprom et l’Etat russe. Comme le rappellent les auteurs, Gazprom a le monopole du gaz en Russie et Poutine a le monopole de Gazprom. Tout est dit mais le plus savoureux sont les explications…
« Les rêves de mon père / L'histoire d'un héritage en noir et blanc »
Par Barack Obama (autobiographie)

C’est sans doute un livre incontournable si l’on veut mieux connaître le nouveau président américain. En refermant cet ouvrage, on ne peut s’empêcher de penser : c’est du Jean-Jacques Rousseau. Non pas le Rousseau théoricien du « Contrat Social » mais celui des « Confessions ». Le livre déborde de sentimentalité, dans un mélange étonnant de ressentiment et d’humanitarisme. Le mot « larmes » est un des plus utilisés. Les mots « moi » et « je » reviennent de façon lancinante : dix fois dans les vingt premières lignes !
« Démocratie à la russe : pouvoir et contre-pouvoir en Russie » Par Jean-Robert Raviot

« Démocratie à la russe » est un ouvrage passionnant. Jean-Robert Raviot, maître de conférences à Nanterre et à Sciences-Po, y procède à un froid décryptage de la vie politique russe. Avant de nous livrer à une comparaison décapante avec la « démocratie à l’européenne », livrons-nous à quelques explications :
L'Amérique et les « Droits de l'homme » / Le triomphe des Pharisiens

Les Pharisiens sont dans les Evangiles une secte juive dont les membres se considèrent comme « les bons et les justes ». Ils jouent un rôle important dans la condamnation à mort du Christ. L’Amérique est-elle « pharisienne » ? Elle se prétend animée d’une mission exceptionnelle qui est d’apporter les droits de l’homme, la liberté et la démocratie à l’univers humain et faire ainsi son bonheur. Elle tire de cette idéologie d’autojustification une tendance à vouloir toujours criminaliser ses adversaires, tendance propre au totalitarisme
La grande dépression du XXIe siècle : l'effondrement de l'économie réelle

La crise financière s’aggrave au risque de perturber dangereusement le système international des paiements
Cette crise est bien plus grave que la Grande Dépression. Tous les grands secteurs de l’économie mondiale sont touchés. De récents rapports suggèrent que le système des lettres de crédit, ainsi que le transport maritime international, qui constituent la bouée de sauvetage du système commercial international, sont potentiellement en danger.
« Gober le globish » ou Comment réussir le multilinguisme à la Commission
Le réveil des représentants de la fonction publique européenne

Si les représentants du personnel de la Commission européenne se réveillent de leur hibernation, il y a une chance que les choses bougent (Athéna).
Le commissaire Orban est en charge du multilinguisme à la Commission depuis presque deux ans. La création de son portefeuille avait suscité des critiques sévères comme si ce poste était artificiellement créé. La FFPE (Fédération de la fonction publique européenne) n'est pas de cet avis.
Nouveau référendum irlandais sur le Traité de Lisbonne : une « arnaque », selon le Sinn Féin

L’accord entériné vendredi par l’Union européenne, ouvrant la voie à un nouveau référendum en Irlande sur le Traité de Lisbonne d’ici à novembre 2009, n’est destiné qu’à « arnaquer » le peuple irlandais, a dénoncé le parti nationaliste irlandais Sinn Féin, opposé au traité. Responsable de la campagne contre le traité au sein de la seule formation parlementaire à avoir appelé à voter Non au référendum de juin, Padraig Mac Lochlainn a qualifié de « farce » le texte entériné vendredi par les dirigeants européens réunis à Bruxelles.
Chronique d'une crise financière

Après la généreuse distribution de cadeaux de Noël aux grandes banques de ce monde, les chefs d’Etat et de gouvernement du G20 réunis le 15 novembre à Washington ont voué leur attention pleine et entière aux tenants et aboutissants de la crise financière. Au milieu d’une des pires crises économiques de l’histoire, ils ont prétendument donné le coup d’envoi à une réforme complète du système financier mondial visant à empêcher qu’une telle crise ne se reproduise. Dorénavant, les marchés financiers doivent faire l’objet d’une surveillance sans faille. En même temps, les participants reconnaissent expressément les principes du libre-échange et de marchés réglementés de manière efficace – car ils n’en sont pas à une contradiction près.
L'intelligence économique au Sénégal

L’antenne du Centre d’études diplomatiques et stratégiques, dirigée par Babacar Diallo, a organisé le jeudi 27 novembre à Dakar un séminaire sur l’intelligence économique. Cette manifestation est la première du genre en Afrique subsaharienne. Quelques tentatives d’ordre privé avaient été initiées ces dernières années, notamment à partir de Paris, sans aboutir à des résultats significatifs car il manquait l’implication d’un pays africain au plus haut niveau de l’Etat. Le Sénégal est donc le premier pays d’Afrique à avoir décidé d’entreprendre une réflexion sur sa sécurité économique et sur le développement de certaines activités économiques par le management de l’information. Les incidents avec les pêcheurs sud-coréens dans sa zone côtière, les risques liés à la crise financière et les attentes dans le domaine agricole ont sans doute été à la source de cette décision prise depuis quelques mois par le président Abdoulaye Wade.
Reste-t-il une aristocratie ?

Aristocratie : selon l’étymologie grecque : « les meilleurs ».
En quoi le sont-ils ?
Du point de vue métaphysique, c’est-à-dire du point de vue de l’essence de l’homme, de ce qui différencie l’homme de l’animal ou de la Divinité, les hommes sont les meilleurs en tant que mortels lorsqu’ils sont plus « mortels » que les mortels, c’est-à-dire aptes par vocation au sacrifice suprême. Qui est censé par vocation à donner sa vie pour les autres ? Notre tradition historique répond : le prêtre et le soldat ! Un prêtre qui ne serait pas prêt à mourir pour son Dieu, comme l’ont été les martyrs chrétiens, n’est pas véritablement un prêtre ; il n’est qu’un fonctionnaire de la cléricature ! Il en est de même du soldat qui ne l’est vraiment dans son essence que s’il est prêt à mourir ; sinon, il n’est pas un vrai soldat mais un militaire bureaucrate.
Le « Gestell » ou « dispositif utilitaire » qui règle le monde

Le monde occidental se définit de façon aristotélicienne (voir « Métaphysique : les 4 causes ») par le schéma suivant :
Le G20 s'engage à favoriser la relance et à surveiller la finance mondiale

A la lecture de nos grands médias qui ont rendu compte avec beaucoup de pudeur et de concision le sommet du G20 qui s’est tenu à Washington le 15 novembre dernier, on avait le sentiment que rien de concret n’avait débouché si ce n’est la décision de se revoir au printemps, en espérant que d’ici là la situation s’éclaircirait d’elle-même.
Le G20, rappelons-le, rassemble les ministres des Finances des vingt pays les plus riches. Mis à part un appel à une relance économique et à une réforme de la surveillance financière mondiale et des institutions internationales, présenté plus comme un vœu pieux qu’un réel engagement politique, ce sommet aurait surtout montré les divergences de ses participants sur plusieurs points fondamentaux :
Pourquoi Obama ne peut qu'échouer (sauf miracle)

Ce n’est pas faute d’intelligence. L’homme est au contraire très astucieux, très séduisant, disons le mot : fort sympathique. Mais ces qualités font un excellent candidat mais pas forcément un bon président.
Les circonstances économiques sont un vrai cauchemar et la situation inextricable. Ce n’est pas en enfournant des quantités gigantesques de crédits publics dans l’économie américaine que l’on va rétablir une économie profondément déséquilibrée par 10 à 15 ans de folie démagogique, précisément fondée sur un excès de crédit. Où et quand a-t-on vu guérir le mal par le mal ? Et le déficit fédéral dans tout cela ? Et les impôts ? Et le déficit de la balance des paiements ? Et l’inflation ?
La seule certitude avec Obama : rien de fondamental ne changera

Un républicain, dans un débat télévisé de la campagne récente, osa prononcer le deuxième nom de Barak Obama, ce « bruyant » Hussein, qui pouvait réveiller si peu de sympathies aux Etats-Unis. L’interlocuteur démocrate du républicain audacieux n’hésita pas à accuser celui-ci de « racisme » pour avoir rappelé comment s’appelle Obama. Signalons que, dans ce débat, le démocrate était « afro-américain », c'est-à-dire de race noire. La question raciale a joué un rôle important dans cette campagne. De fait, ce fut un élément unanimement souligné par la presse mondiale : le premier président de race noire. C’est aussi le premier qui s’appelle Hussein, bien que ceci ait été beaucoup moins commenté.
La crise à la lumière des analyses de Joseph Schumpeter

Joseph Schumpeter (1883-1950) fut économiste, ministre des finances d’Autriche, banquier. Formé à la fois à l’école néo-classique autrichienne et à l’école sociologique de Sombart et Weber, il s’intéresse à la dynamique de l’économie et notamment au rôle qu’y joue l’entrepreneur innovateur. Economiste libéral, il montre que l’économie de marché repose sur un processus de « destruction créatrice ». C’est ce qui fait son efficacité mais c’est aussi ce qui fait problème à long terme. En 1942, il publie « Capitalisme, socialisme et démocratie », livre qui lui donne une réputation d’hérétique. En effet, il estime qu’il y a dans le capitalisme des forces d’autodestruction.






















